Sa situation juridique a beaucoup de points communs avec le free-lance, mais le micro-entrepreneur (auto entrepreneur) bénéficie d’un système de prélèvements des charges sociales plus intéressant.
Le portage salarial n’est pas le seul moyen pour une entreprise d’externaliser du personnel, on trouve d’autres formules comme :
- l’intérim de cadre ;
- le groupement d’employeurs ;
- l’entreprise de travail à temps partagé ;
- le free-lance ;
- le micro-entrepreneur (ex autoentrepreneur).
Micro-entrepreneur ou portage : protection sociale
L’auto entreprenariat est un régime de création récente (2009) appartenant à la catégorie des travailleurs indépendants. Il a évolué pour devenir le micro-entrepreneur.
Le « porté » bénéficie d’un contrat de travail avec un employeur (la société de portage). Il est soumis à la convention collective du portage salarial applicable à compter du 1er juillet 2017 suite à la publication de l’avis d’extension de la convention collective dans la branche des salariés en portage salarial.
Le micro-entrepreneur, lui, est indépendant comme le free-lance : il est sans employeur ni contrat de travail.
Malgré cette similitude, son statut n’est pas complètement identique, car :
- moins onéreux à financer (paiement des charges) ;
- à la différence du free-lance, le micro-entrepreneur ne paie pas de cotisations sociales minimums, mais règle des charges uniquement sur ses rentrées de chiffre d’affaires.
Micro-entrepreneur ou portage salarial : garanties et protection sociale
Comme le free-lance, le micro-entrepreneur a moins de garanties et protection sociale que le salarié « porté ».
Comme elle ne relève pas du salariat, l’activité de micro-entrepreneur (auto entrepreneur) le prive :
- des dispositions du Code du travail : sa relation avec ses clients dépend du droit des affaires et principalement du Code civil ;
- du régime général de Sécurité sociale des salariés et les droits et garanties qu’il comporte.
Micro-entrepreneur : ne paie pas de charges minimums
Comme le free-lance, le micro-entrepreneur ressort de la catégorie des travailleurs indépendants.
Il bénéficie cependant d’un régime dérogatoire : ses charges sociales sont prélevées en fonction de l’application de la double règle :
- pas de chiffre d’affaires : pas de charges ;
- si chiffre d’affaires : paiement d’un prélèvement libératoire mensuel ou trimestriel de 21,20 % du chiffre d’affaires (12,3 % en cas d’activité commerciale).
Micro-entrepreneur portage salarial : comparatif de la protection sociale
| Garanties/obligations | Micro-entrepreneur | Free-lance | « Porté » |
|---|---|---|---|
| Maintien du salaire si maladie, accident du travail ou maternité | Non | Oui | |
| Paiement de charges sociales même en l’absence de revenus | Non | Oui (1) | Non |
| Indemnisation de la fin d’un contrat de travail (prime de précarité si CCD/Intérim, préavis et indemnité de licenciement si CDI). Allocations-chômage. | Non | Oui | |
| Immatriculation individuelle/déclarations sociales à remplir/bordereaux de paiement | Oui, mais avec simplification (2) | Oui | Non |
(1) C’est une particularité du régime de Sécurité sociale des travailleurs indépendants. Ils doivent verser des cotisations (minimales) même en l’absence de perception de revenus. Ces cotisations provisionnelles peuvent atteindre, annuellement, pour ceux qui exercent en profession libérale, un montant de plus de 2 000 €. Du fait du caractère « minimum » de ces cotisations, elles ne valident pas complètement certains droits notamment en matière de retraite (le paiement de la cotisation minimale entraîne la validation d’un seul trimestre de retraite pour toute l’année à laquelle elle se rapporte et non pas de 4 trimestres.)
(2) La micro-entreprise (libérale) est dispensée d’immatriculation. Elle n’a par la suite qu’un simple registre comptable à tenir. Celui-ci se présente sous forme de balance des entrées et sorties. Dispensée de TVA, elle n’a qu’un simple formulaire déclaratif à remplir pour calculer et payer ses cotisations (portail officiel des micro-entrepreneurs).
Micro-entrepreneur ou portage salarial : rémunération
Le revenu net du « porté » avant impôt est d’environ 50 % de la facturation HT, tandis que celui du micro-entrepreneur (libéral) est de près de 80 % après impôts.
Micro-entrepreneur ou portage salarial : pas les mêmes prélèvements
Pour les revenus, la rémunération du « porté » est conditionnée par une série de prélèvements sur le chiffre d’affaires qu’il génère :
- charges patronales ;
- frais de gestion de la société de portage.
Le micro-entrepreneur bénéficie d’un régime simplifié et moins onéreux. C’est surtout vrai pour les micro-entrepreneurs dont l’activité est « libérale » :
- métiers du conseil, du consulting, de l’informatique, du marketing, etc. ;
- ils sont soumis à un régime micro-social simplifié : ce régime qui peut intégrer un versement libératoire de l’impôt sur le revenu se limite à 21,20 % de prélèvements (hors versement libératoire de l’impôt).
Micro-entrepreneur (auto entrepreneur) : portage salarial plus amputé
Exemple : une mission de conseil qui génère un chiffre hors taxe de 10 000 € rapportera :
- à un porté : 5 000 € qui devront subir l’impôt sur le revenu (IRPP) ;
- à un micro-entrepreneur : 7 990 € « net », car l’impôt sur le revenu est déjà prélevé.
À cause de cela, de nombreux « portés » mixent leurs activités :
- ils exercent en portage certaines missions ;
- et d’autres sous forme d’auto-entreprenariat (micro-entreprise) pour tirer parti au mieux de chaque formule.