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Micro-entrepreneur portage salarial

Mis à jour le 29/09/2023

Temps de lecture estimé à 6 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Un homme et une femme
Alternatives au portage salarial

Sommaire.

  1. Micro-entrepreneur ou portage : protection sociale
  2. Micro-entrepreneur ou portage salarial : rémunération
Un homme et une femme

Sa situation juridique a beaucoup de points communs avec le free-lance, mais le micro-entrepreneur (auto entrepreneur) bénéficie d’un système de prélèvements des charges sociales plus intéressant.

Le portage salarial n’est pas le seul moyen pour une entreprise d’externaliser du personnel, on trouve d’autres formules comme :

  • l’intérim de cadre ;
  • le groupement d’employeurs ;
  • l’entreprise de travail à temps partagé ;
  • le free-lance ;
  • le micro-entrepreneur (ex autoentrepreneur).
Bon à savoir

Le terme de micro-entrepreneur remplace celui d’auto-entrepreneur depuis 2016.

Micro-entrepreneur ou portage : protection sociale

L’auto entreprenariat est un régime de création récente (2009) appartenant à la catégorie des travailleurs indépendants. Il a évolué pour devenir le micro-entrepreneur.

Le « porté » bénéficie d’un contrat de travail avec un employeur (la société de portage). Il est soumis à la convention collective du portage salarial applicable à compter du 1er juillet 2017 suite à la publication de l’avis d’extension de la convention collective dans la branche des salariés en portage salarial.

Le micro-entrepreneur, lui, est indépendant comme le free-lance : il est sans employeur ni contrat de travail.

Bon à savoir

Attention : les micro-entrepreneurs (autoentrepreneurs), par définition, ne sont pas salariés. Cependant, si un micro-entrepreneur est placé dans un lien de subordination juridique permanente à l’égard de son client (donneur d’ordre), les juges pourront y voir un contrat de travail. Une telle requalification entraîne de nombreuses conséquences, dont la condamnation au règlement des arriérés de cotisations sociales à l’URSSAF pour le « client », requalifié en « employeur » (Cass. 2e civ., 7 juillet 2016, n° 15-16.110).

Malgré cette similitude, son statut n’est pas complètement identique, car :

  • moins onéreux à financer (paiement des charges) ;
  • à la différence du free-lance, le micro-entrepreneur ne paie pas de cotisations sociales minimums, mais règle des charges uniquement sur ses rentrées de chiffre d’affaires.

Micro-entrepreneur ou portage salarial : garanties et protection sociale

Comme le free-lance, le micro-entrepreneur a moins de garanties et protection sociale que le salarié « porté ».

Comme elle ne relève pas du salariat, l’activité de micro-entrepreneur (auto entrepreneur) le prive :

  • des dispositions du Code du travail : sa relation avec ses clients dépend du droit des affaires et principalement du Code civil ;
  • du régime général de Sécurité sociale des salariés et les droits et garanties qu’il comporte.

Micro-entrepreneur : ne paie pas de charges minimums

Comme le free-lance, le micro-entrepreneur ressort de la catégorie des travailleurs indépendants.

Il bénéficie cependant d’un régime dérogatoire : ses charges sociales sont prélevées en fonction de l’application de la double règle :

  • pas de chiffre d’affaires : pas de charges ;
  • si chiffre d’affaires : paiement d’un prélèvement libératoire mensuel ou trimestriel de 21,20 % du chiffre d’affaires (12,3 % en cas d’activité commerciale).
Bon à savoir

Attention : pour bénéficier du régime de micro-entrepreneur, l’activité doit générer un chiffre d’affaires annuel limité : soit à 188 700 € (si activité commerciale) soit à 77 700 € (prestation de service).

Bon à savoir

La loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018 (article 15) a prévu une expérimentation ouvrant la possibilité pour les travailleurs indépendants de déclarer leur activité mensuellement et d’effectuer un télépaiement du montant de leurs cotisations sociales provisionnelles calculées sur cette base. Ce service est accessible sur le portail Secu-independants.fr depuis le compte personnel. L’expérimentation a été mise en place par le décret n° 2018-533 du 27 juin 2018et prolongée jusqu’au 31 décembre 2023 par l’article 19 de la loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022).

À noter

Depuis le 1er janvier 2019, toute personne qui crée ou reprend une activité indépendante est automatiquement affiliée à l’Assurance Maladie pour sa couverture santé obligatoire. Elle est attachée à la CPAM de son lieu de résidence.

Micro-entrepreneur portage salarial : comparatif de la protection sociale

Micro-entrepreneur portage salarial ou free-lance : droit du travail et Sécurité sociale
Garanties/obligationsMicro-entrepreneurFree-lance« Porté »
Maintien du salaire si maladie, accident du travail ou maternitéNonOui
Paiement de charges sociales même en l’absence de revenusNonOui (1)Non
Indemnisation de la fin d’un contrat de travail (prime de précarité si CCD/Intérim, préavis et indemnité de licenciement si CDI).
Allocations-chômage.
NonOui
Immatriculation individuelle/déclarations sociales à remplir/bordereaux de paiementOui, mais avec simplification (2)OuiNon

(1) C’est une particularité du régime de Sécurité sociale des travailleurs indépendants. Ils doivent verser des cotisations (minimales) même en l’absence de perception de revenus. Ces cotisations provisionnelles peuvent atteindre, annuellement, pour ceux qui exercent en profession libérale, un montant de plus de 2 000 €. Du fait du caractère « minimum » de ces cotisations, elles ne valident pas complètement certains droits notamment en matière de retraite (le paiement de la cotisation minimale entraîne la validation d’un seul trimestre de retraite pour toute l’année à laquelle elle se rapporte et non pas de 4 trimestres.)

(2) La micro-entreprise (libérale) est dispensée d’immatriculation. Elle n’a par la suite qu’un simple registre comptable à tenir. Celui-ci se présente sous forme de balance des entrées et sorties. Dispensée de TVA, elle n’a qu’un simple formulaire déclaratif à remplir pour calculer et payer ses cotisations (portail officiel des micro-entrepreneurs).

Micro-entrepreneur ou portage salarial : rémunération

Le revenu net du « porté » avant impôt est d’environ 50 % de la facturation HT, tandis que celui du micro-entrepreneur (libéral) est de près de 80 % après impôts.

Micro-entrepreneur ou portage salarial : pas les mêmes prélèvements

Pour les revenus, la rémunération du « porté » est conditionnée par une série de prélèvements sur le chiffre d’affaires qu’il génère :

  • charges patronales ;
  • frais de gestion de la société de portage.

Le micro-entrepreneur bénéficie d’un régime simplifié et moins onéreux. C’est surtout vrai pour les micro-entrepreneurs dont l’activité est « libérale » :

  • métiers du conseil, du consulting, de l’informatique, du marketing, etc. ;
  • ils sont soumis à un régime micro-social simplifié : ce régime qui peut intégrer un versement libératoire de l’impôt sur le revenu se limite à 21,20 % de prélèvements (hors versement libératoire de l’impôt).
Bon à savoir

La date d’option pour le versement libératoire de l’impôt a changé pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2019. Cette option doit être choisie au plus tard le 30 septembre de l’année précédant celle au titre de laquelle elle est exercée, soit le 30 septembre 2019 pour les revenus perçus en 2020 (instruction Bofip du 1er juin 2018).

À noter

Pour les micro-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 000 € par an, la loi Pacte du 22 mai 2019 a supprimé l’obligation d’ouvrir un compte bancaire professionnel. Désormais, ces micro-entrepreneurs peuvent utiliser leur compte personnel pour percevoir les revenus issus de leur activité professionnelle. Si le seuil de 10 000 € est dépassé pendant 2 années de suite, le micro-entrepreneur doit ouvrir un compte dédié à son activité. À compter du 15 mai 2022, l’entrepreneur individuel a l’obligation d’apposer la mention « EI » ou « Entrepreneur individuel » directement avant ou après son nom et prénom, sur tous ses documents commerciaux dans le cadre de son activité et notamment à la dénomination du compte bancaire dédié. À défaut, il est passible d’une amende de 750 € (décret n° 2022-725 du 28 avril 2022).

Micro-entrepreneur (auto entrepreneur) : portage salarial plus amputé

Exemple : une mission de conseil qui génère un chiffre hors taxe de 10 000 € rapportera :

  • à un porté : 5 000 € qui devront subir l’impôt sur le revenu (IRPP) ;
  • à un micro-entrepreneur : 7 990 € « net », car l’impôt sur le revenu est déjà prélevé.

À cause de cela, de nombreux « portés » mixent leurs activités :

  • ils exercent en portage certaines missions ;
  • et d’autres sous forme d’auto-entreprenariat (micro-entreprise) pour tirer parti au mieux de chaque formule.
Tant qu'on en parle
Salarié porté

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